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mardi 24 février 2009

Rédaction...


Le brevet blanc a eu lieu dans les circonstances que l’on connaît.
Passons à la correction.

Rien de transcendant.
L’orthographe leur est une torture.

On pourrait débattre sur le thème « le sms fout l’orthographe en l’air », mais je manquerais de conviction.
En effet, si le sms est à l’origine du problème, qu’est-ce qui empêchait les gnomes en 1990, 1991, d’écrire correctement ?....


En revanche, je tombe sur ça en corrigeant la rédaction dont je vous donne d'abord le sujet :
Il vous est sans doute arrivé de rejeter quelqu'un à cause de son apparence, puis de changer d'avis en faisant plus ample connaissance. Vous rédigez une page de votre journal intime dans laquelle vous raconterez cette expérience. (Suivent les consignes plus précises pour l’écriture d’une page de journal intime).

Sigismond écrit : (je vous épargne les fautes de toutes sortes) « je ne vois pas pourquoi je devrais rejeter quelqu’un à cause de son physique. Je ne comprends pas la rédaction à faire. C’est stupide de décrire une personne, de dire mes sentiments à cause de son physique. Ca se fait pas de demander ce genre de chose. […] et je n’ai pas envie de vous décrire quelqu’un dont je n’aime pas l’apparence. »

Je connaissais la légende de l’élève en lycée à qui le prof demande de réfléchir sur le thème « Qu’est ce que la désinvolture ? » et qui, ayant seulement écrit sur la première page : « la désinvolture c’est ça ! » rend sa copie sans un mot de plus.

J’ai déjà eu des hors-sujets magnifiques. (Vous savez le texte super bien écrit, intéressant, quasi sans fautes…. Mais hors-sujet !)

Parfois, rarement, des copies blanches.

Il est arrivé qu’une copie me fasse bien rire alors que le sujet ne s’y prêtait pas forcément. Ainsi quand j’étais dans l’Océan Loin-Loin, une collègue avait donné le sujet-bateau** suivant : Racontez votre plus beau souvenir en employant les temps du passé.
Une de ses élèves racontait comment un jeune homme avait réussi à l’entraîner dans son banga* pour quelques galipettes. Et la gamine de conclure : « Et je fus d’accord ! ».


Je n’avais jamais eu l’expression du désaccord écrit noir sur blanc !!

Je ne sais pas si je dois en rire ou si je dois m’énerver… Certes la note est entendue, puisque tous les critères d’évaluation sont à 0.


Non, ce qui m’étonne le plus chez mes gnomes, c’est leur incapacité à imaginer.
Très souvent, à la lecture d’un sujet, ils posent cette question : « On doit dire la vérité ? » Ma réponse est inexorablement la même : « Evidemment ! Je vous rappelle que, chaque fois que je lis une copie, j’appelle les familles pour vérifier ! »
Quelques minutes sont nécessaires pour qu’ils comprennent que j’ironise.


Et dire que vous croyez que je m'amuse!


*C’est le nom de l’habitation traditionnelle que les jeunes garçons à l’adolescence se construisent et où ils vivent. **Des sujets-bateaux, on en donne tous, hein ?!

mercredi 18 février 2009

Petits Malins....

Vous croyez peut-être – et ce blog vous conforte dans cette erreur – qu’enseigner est drôlement rigolo ; que les enseignants passent leur temps à noter les bons mots des élèves – voire des collègues – et vous vous trompez…
Enseigner ce n’est pas QUE transmettre un savoir. C’est 50 minutes dans une pièce avec un certain nombre de gnomes plus ou moins décidés à travailler, s'agiter, etc.
Vous voulez un exemple ? A chaque début d’heure (mais alors tous les jours et depuis la rentrée !!) je dis, et dans cette ordre : « Bonjour ! Ôtez vos manteaux-vestes-parkas (je fais toute la liste sinon il y a des résistances du style « c’est un anorak Madame ») ; merci de jeter vos chewing-gums…. (Silence en attendant que tout le monde soit dans les conditions précitées)… Vous pouvez vous asseoir ! »
Vous vous dites qu’il n’y a là rien de compliqué.
Ben si !
Le gnome moyen voudrait pouvoir garder son manteau-veste-parka pendant le cours. Pour la casquette, c’est réglé. Mais il a fallu l’interdire par règlement ! Il aimerait aussi garder son écharpe, ses gants et son sac sur ses genoux.
Bref ! Le gnome moyen reste sur le qui-vive en permanence ! Il veut pouvoir partir en courant si la nécessité s’en fait ressentir. Ce qui ne l’empêche pas à la fin de l’heure de mettre 10 minutes pour ranger ses affaires dans son sac et reboutonner tous les boutons et toutes les fermetures-Eclair de sa carapace multi-épaisseurs.
Oui mais je reste ferme : on ôte ce qu’on porte dehors. Question d’hygiène et de bonnes manières.
Comme le gnome moyen veut avoir le dernier mot il tente des trucs. Parfois c’est « oui mais je suis malade » ou « j’ai vraiment froid ». Rien à faire ! Je continue d’exiger que les vêtements d’extérieur soient ôtés.
Alors Mérou (je le nommerais ainsi car il illustre bien le titre le silence de la mer) a trouvé LA parade : il porte 3 blousons superposés !
Du coup, il pose sur le dossier de sa chaise le blouson numéro 1 et quand je lui fais signe (le geste de dézipper une fermeture !) il me montre son dossier d’une torsade du buste… Imparable !

vendredi 13 février 2009

pain ta go ne....

Le vocabulaire de mes gnomes est réduit à sa plus simple expression, je le redirai souvent. Comme tous les profs de français (ah! oui, je sais, on est prof de lettres, mais on devient bien vite prof de français*...) je fournis gentiment à tous mes élèves, année après année, le moyen d'identifier, de comprendre les mots qu'ils ne (re)connaissent pas: découper en petites unités cohérentes et/ou compréhensibles.
C'est ainsi que je donnai il y a quelques jours un texte contenant le mot "pentagone" à ma classe de 4ème. Malheur sur moi! Vous aussi vous pensez que ce mot sera très vite rapproché de ce qu'ils ont pu entendre en maths? C'est oublier très (trop) vite que mes gnomes n'effectuent jamais de lien entre les matières. On est en français, pas en maths morbleu!
Et la question tombe: c'est quoi pentagone , M'dame?
Moi: (après un instant de surprise) Que peut-on faire quand on ne connaît pas le sens d'un mot?
Pablo: ben on le coupe en morceaux...
Moi: on va le dire comme ça.... (soupir) Qui se lance?
Pablo: Alors....
(Ici, lecteur, je te conseille vivement de t'installer confortablement et d'avoir un verre d'eau fraîche à portée de main.)

Après un long silence, plein de réflexions à n'en pas douter:

Pablo: Alors..... pen...... comme, comme.... ben comme pain (geste à l'appui: la main fermée en pince fait un mouvement répété vers la bouche. Oui, parce qu'on est à l'oral, hein, et qu'il faut illustrer pour ce faire comprendre!!)...... Pis..... ta.... Comme ma, ta pour dire que c'est le tien.... (non, mes élèves ne me tutoient pas, ils m'expliquent!).... Piiis go.... Ben ça, ça veut dire "aller"..... (forcément! combien de fois leur ai-je dit que le français prenait ses racines dans d'autres langues?) et pis ne c'est pour que ça devienne un nom commun (Ah! tiens! en voila un qui a retenu la notion de nom commun...).

Arrivé à ce stade, il faut remettre en ordre et "traduire" pour donner du sens au mot.

Pablo: (oui, toujours lui, parce que là, sur le moment, il semble si sûr de lui que les autres ne tentent même pas de lui couper la parole.)................................................... (Silence).................................................................................................................
........................................................
................................. Oui, mais là, c'est pas juste M'dame, vous nous donnez des mots qui veulent rien dire!!!

C'est vrai ça! Si les prof se mettent à dire, ou faire lire des mots de plus de 6 lettres qui ne veulent rien dire, où va-t-on?

* Si la nuance n'est pas claire pour vous, n'hésitez pas à demander, je me ferai un plaisir de vous expliquer...

Monsieur Truc et le GPS

Monsieur Truc est un de mes élèves de 3ème. Manquant de vocabulaire, il tente parfois de répondre en mettant le mot "truc" à la place d'autres mots, ce qui rend souvent son propos assez obscur.

De plus, à l'instar de ses petits camarades, il est peu attentif... Pas méchant, juste endormi-rêveur. Mais parfois, Monsieur Truc se réveille brutalement.

Nous sommes en pleine révisions pour le brevet blanc. J'ai donné deux fiches sur lesquelles alternent exercices et aide. L'aide consiste classiquement en renvois vers le cahier.

Mais certains ont du mal à comprendre le fonctionnement. Je recommence mon explication (oui, je suis TRÈS patiente!). Et je tiens à envisager l'avenir aussi. Mais voila, j'oublie un instant le niveau particulièrement peu élevé de leur vocabulaire et c'est ce qui va réveiller Monsieur Truc.

Moi - Si vous êtes capables de travailler sur ces fiches, c'est déjà bien, mais ce qui serait encore mieux c'est que vous soyez capables de faire vos propres fiches de révisions. Ce sera votre travail pendant les vacances: créer les fiches pour la section "nouvelles à chutes".

Schtroumpf rieur (indigné): Parce qu'on va devoir réviser aussi la nouvelle?
Moi (agacée): ben oui! Si on révise une seule séquence pour le brevet blanc, il faudra a fortiori réviser toutes les séquences pour le brevet noir*!
Monsieur Truc (réveillé brutalement): Où?.....
Moi (interloquée): Tu dis?**
Monsieur Truc (complètement réveillé cette fois): Vous avez dit "il faudra réviser à".... Où?
Moi (et après quelques secondes, le temps de tout comprendre, de rembobiner, de réécouter...):
Hum.... tes parents ont un GPS?.... Bien.... Alors pas d'inquiétude! ils trouveront où!***

* Question de logique fort bien perçue par mes élèves.
** Oui, je parle toujours très poliment, surtout à mes élèves. Mais voila bien le genre de formule que j'emploie pour le plus grand plaisir de mon beau-frère préféré!
*** Évidemment que je lui ai expliqué a fortiori, on ne peut pas que rire non plus!