Plein de trucs à faire....
Et à raconter....
Enfin, c'est pas obligé que je te raconte tout, lecteur, mais si j'ai commencé ce blog, c'est tout de même pour raconter des trucs, non?
Si tu es addict à ce blog depuis assez longtemps (comme quelques milliers d'autres.... hé! non! Tu n'es pas seul ici! 12679 visites à la minute.... Enfin presque....) tu sais qu'en plus de Morice, mon chat femelle psychopathe, j'ai un poisson.
Un seul, souviens-toi, parce que c'est un guerrier et qu'il a bouffé tous ses colocataires.
Un seul, certes, mais ça ne change rien à l'affaire: il faut nettoyer sa niche régulièrement. Enfin parfois.
Je dois donc, ces jours-ci, nettoyer l'aquarium.... Je dois.... Oui....
Et même s'il s'agit d'un bocal de 30 litres, je te jure que c'est un rien long de faire le ménage dans ce bazar....
Il est vrai aussi, que je ne suis pas équipée comme le sont certains pro de l'aquariophilie...
Pas de filet attrape-poisson; pas de kit pour le Ph de l'eau; pas d'aspirateur pour les parois...
Aspirateur.... Aquarium....
Il me revient le souvenir d'un autre nettoyage d'aquarium, raconté par une amie....
Elle était alors une petite fille (depuis elle est devenue une maman de 2 enfants.... Faut pas croire que je suis la seule à vieillir, hein!)
Voulant se rendre utile, et faire plaisir, elle décida un jour de nettoyer l'aquarium de son papa.
Sans doute l'avait-elle entendu parler d'un aspirateur qu'il devait utiliser à cette fin.
Aussi, prit-elle UN aspirateur pour dégager les algues et autres cochoncetés qui prolifèrent dans ces milieux.
Après avoir branché l'appareil, elle plongea le suceur dans l'eau.
Ce qui prouve que l'aspirateur, ou son fonctionnement, ne lui était pas étranger. Ce qui, en soit, n'est déjà pas si mal!
Mais... Oh!
Si aucune aspiration ne se produisit, en revanche, un bel éclair jaillit du moteur, qui rendit l'âme illico, entraînant à sa suite l'ensemble du réseau électrique de la maison!...
Elle venait d'apprendre que l'aspirateur qui sert tous les jours pour le ménage d'un appartement, n'est pas forcément celui qui doit être utiliser pour nettoyer la chambre des poissons.
Et les miennes de bêtises?....
Si je dis tout aujourd'hui, je risque de manquer de matière pour d'autres billets...
En revanche, si toi, lecteur, tu as une belle bêtise à raconter, vas-y, allège ta conscience.... Et fais nous rire.
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dimanche 5 avril 2009
vendredi 3 avril 2009
Séquence émotion...
Libellés :
Souvenirs
Je m'indignais dans un de mes derniers billets de l'indifférence générale pour cette île.
Indifférence sans doute liée à la méconnaissance, d'ailleurs.
Et voici que j'ai trouvé ça:
Quelques très belles photos de l'île mahoraise chère à mon coeur.
Mes photos personnelles du lieu ont été faites à une époque où, si le numérique existait, il n'était pas encore répandu comme aujourd'hui. Je ne possédais pas ce type d'appareil.
Il faudrait (procrastination ancienne déjà) que je numérise toutes mes images perso et que j'en fasse (soyons fous!) un billet... Plusieurs?
Un blog entier ne suffirait sans doute pas à raconter mes émerveillements, et ceux de mes enfants, venus chacun à leur tour, me rejoindre.
Il m'a fallu moins d'une semaine pour tomber amoureuse de Mayotte.
J'aime, dans le désordre, ses paysages divers, ses parfums, sa cuisine, sa faune et sa flore. Et surtout, j'aime les Mahorais. Généreux, rieurs. Si désireux de faire connaître et aimer leur île.
J'ai été fascinée par des araignées (ben oui!) tissant dans les buissons des toiles dorées (vraiment, ce n'est pas de la poésie!).
Je continue, mais pas assez souvent au goût du Héros, à faire du mataba*.
Mais il est m'est devenu impossible, faute de trouver les ingrédients, de faire du romazava**.
Il y a bien longtemps que je n'ai pas brodé un récélé***. Pourtant, Fatima, ma "Foundi**** Récélé" m'en a montré presque toutes les subtilités...
J'ai encore sur les lèvres le goût des mangues que Soidri, grimpé bien haut, nous a jetées et que nous avons placées dans le panier qu'il venait de tresser à cette intention.
Ma dernière fille était là.... Si menue, si fragile à l'époque.
L'émotion reste intacte au souvenir de mon fils et de sa compagne, assis au clair de lune, sous un baobab, à la pointe de Sazilé, attendant que les tortues marines remontent pondre sur la plage.
L'aînée de mes filles y a fêté ses 20 ans. Pour l'occasion, et avec l'aide de quelques experts locaux tels que Jazz ou Maoulida, nous lui avons préparé un voulé sur la plage de Sohoa.
J'y ai fait des rencontres fantastiques.
J'y ai passé des moments inoubliables.
Et mon Héros, comble de chance pour moi, connaît Mayotte aussi. Et l'aime autant que moi.
Il y était 10 ans avant moi.
Le pont de Kwalé, c'est lui qui l'a construit. (Pas tout seul, évidemment.)
Le premier mot que j'ai appris, c'est le nom d'une fleur "anfou"*****. C'était le premier jour, sur la barge et j'en avais un collier autour du cou.
Après, j'ai appris d'autres mots, d'autres phrases... Que j'oublie, petit à petit, faute de pratiquer...
Voila, lecteur.... Tu étais habitué à l'ironie, au rire...
Je te sers aujourd'hui une séquence "souvenirs et émotions".
C'est pas bon de prendre des habitudes!
*mataba: plat à base de feuille de manioc pilées cuites dans du lait de coco; **romazava: plat malgache à base de brèdes mafana (feuilles et fleurs littéralement); ***récélé: broderie dont l'origine est sans doute le point Richelieu (déformation linguistique); ****foundi: ici, maître;*****anfou: jasmin
Indifférence sans doute liée à la méconnaissance, d'ailleurs.
Et voici que j'ai trouvé ça:
Quelques très belles photos de l'île mahoraise chère à mon coeur.
Mes photos personnelles du lieu ont été faites à une époque où, si le numérique existait, il n'était pas encore répandu comme aujourd'hui. Je ne possédais pas ce type d'appareil.
Il faudrait (procrastination ancienne déjà) que je numérise toutes mes images perso et que j'en fasse (soyons fous!) un billet... Plusieurs?
Un blog entier ne suffirait sans doute pas à raconter mes émerveillements, et ceux de mes enfants, venus chacun à leur tour, me rejoindre.
Il m'a fallu moins d'une semaine pour tomber amoureuse de Mayotte.
J'aime, dans le désordre, ses paysages divers, ses parfums, sa cuisine, sa faune et sa flore. Et surtout, j'aime les Mahorais. Généreux, rieurs. Si désireux de faire connaître et aimer leur île.
J'ai été fascinée par des araignées (ben oui!) tissant dans les buissons des toiles dorées (vraiment, ce n'est pas de la poésie!).
Je continue, mais pas assez souvent au goût du Héros, à faire du mataba*.
Mais il est m'est devenu impossible, faute de trouver les ingrédients, de faire du romazava**.
Il y a bien longtemps que je n'ai pas brodé un récélé***. Pourtant, Fatima, ma "Foundi**** Récélé" m'en a montré presque toutes les subtilités...
J'ai encore sur les lèvres le goût des mangues que Soidri, grimpé bien haut, nous a jetées et que nous avons placées dans le panier qu'il venait de tresser à cette intention.
Ma dernière fille était là.... Si menue, si fragile à l'époque.
L'émotion reste intacte au souvenir de mon fils et de sa compagne, assis au clair de lune, sous un baobab, à la pointe de Sazilé, attendant que les tortues marines remontent pondre sur la plage.
L'aînée de mes filles y a fêté ses 20 ans. Pour l'occasion, et avec l'aide de quelques experts locaux tels que Jazz ou Maoulida, nous lui avons préparé un voulé sur la plage de Sohoa.
J'y ai fait des rencontres fantastiques.
J'y ai passé des moments inoubliables.
Et mon Héros, comble de chance pour moi, connaît Mayotte aussi. Et l'aime autant que moi.
Il y était 10 ans avant moi.
Le pont de Kwalé, c'est lui qui l'a construit. (Pas tout seul, évidemment.)
Le premier mot que j'ai appris, c'est le nom d'une fleur "anfou"*****. C'était le premier jour, sur la barge et j'en avais un collier autour du cou.
Après, j'ai appris d'autres mots, d'autres phrases... Que j'oublie, petit à petit, faute de pratiquer...
Voila, lecteur.... Tu étais habitué à l'ironie, au rire...
Je te sers aujourd'hui une séquence "souvenirs et émotions".
C'est pas bon de prendre des habitudes!
*mataba: plat à base de feuille de manioc pilées cuites dans du lait de coco; **romazava: plat malgache à base de brèdes mafana (feuilles et fleurs littéralement); ***récélé: broderie dont l'origine est sans doute le point Richelieu (déformation linguistique); ****foundi: ici, maître;*****anfou: jasmin
jeudi 12 mars 2009
Ces vers morts
Libellés :
Souvenirs
Le prof est assis, bras croisés sur le bureau, face à une bonne trentaine d’étudiantes plus ou moins attentives. on vient de me le souffler dans l’oreillette : « plutôt moins ! »
C’est un cours universitaire. Du sérieux. Du lourd. Un cours de versification. Le texte à l’étude, c’est Polyeucte, de Racine.
Qu’il est long ce cours… Sans jeu de mots… De plus il est mal placé sur l’emploi du temps. En fin d’après-midi. Elles n’ont qu’une envie ces demoiselles : rentrer chez elles. Qui pour retrouver un mari, qui un ami, qui « Le miel et les abeilles »… Que des trucs de la vraie vie, quoi !
Mais le prof vient de dire quelque chose. Quelque chose qui n’a pas été compris.
Il a dit : « et dans ces vers morts…. »
Qu’importe la suite ! Elle est sûre d’elle. Les « vers morts » : inconnus au bataillon. Pourtant, elle a travaillé les figures de style. Non « les vers morts », ça ne lui dit rien.
Voyons ce qu’en pensent les copines.
Elle regarde à droite… Christine n’a rien écrit sur sa feuille. Pourtant c’est la championne de la prise de note, Christine. Et à son air perdu, elle non plus ne sait pas ce que sont des vers morts.
A gauche, même blanc sur la feuille et même vide dans le regard.
Des deux côtés, le même hochement de droite à gauche du menton. Personne ne sait ce que sont « des vers morts ».
Relire les vers dont il est question. Interroger les rimes… Questionner le rythme… Rien… Des vers morts…. ?
Alors, n’écoutant que son courage, et elle ose interrompre le cours tranquille. Elle sera celle qui éclairera ses compagnes d’incompréhension !
Elle s’excuse, vraiment, de déranger. Elle est désolée de n’avoir pas réagi assez vite mais… Elle voudrait revenir en arrière. Juste il y a quelques minutes. Au moment où… Et la question est sans doute formulée presqu’ainsi : « c’est quoi des vers morts ? »
Silence attentif dans la salle.
Silence du prof qu’on vient d’interrompre et qui ne comprends pas la question…
Des vers morts ?...
Oui, oui, des vers morts. Et elle de citer ce qui a précédé…
Silence. Encore.
Dans ce silence on se rend compte qu’elle n’est pas la seule à ne pas savoir. En revanche, il faut le reconnaître, elle a été la seule à avoir le courage de lever la main, d’interroger le grand homme, d’avouer son inculture…
Ce silence a été profitable au prof qui a eu le temps de relire, vite, ses propres notes. Aurait-il commis une erreur ?...Non. Son regard s’est éclairé d’une lueur moqueuse.
« Vous m’avez mal entendu Madame, je parlais de Sévère, le personnage principal, qui est cru mort. J’ai donc dit que, dans Sévère mort…. »
Glurps……… Oreille écarlate pour celle qui a posé la question. Tête dans les épaules pour Christine. Ecriture plus appliquée pour celle de droite.
J’en ris encore. Christine ne s’en lasse pas… Oh ! Ça va hein !... J’aurais pu choisir de raconter contumace !! Ah ! Mais!….
Oui, l’inattentive c’était moi. C’était à la faculté d’Amiens. En quelle année ?... Pfff… je ne sais plus.
Mais j’ai bien retenu que ces vers morts ne sont pas une figure de style !
Dis, lecteur, tu te souviens de ta plus grosse honte ?... Tu la raconterais dans les coms ? (Bon, oui, je suis prête à (presque) tout pour vous lire dans mes coms !)
C’est un cours universitaire. Du sérieux. Du lourd. Un cours de versification. Le texte à l’étude, c’est Polyeucte, de Racine.
Qu’il est long ce cours… Sans jeu de mots… De plus il est mal placé sur l’emploi du temps. En fin d’après-midi. Elles n’ont qu’une envie ces demoiselles : rentrer chez elles. Qui pour retrouver un mari, qui un ami, qui « Le miel et les abeilles »… Que des trucs de la vraie vie, quoi !
Mais le prof vient de dire quelque chose. Quelque chose qui n’a pas été compris.
Il a dit : « et dans ces vers morts…. »
Qu’importe la suite ! Elle est sûre d’elle. Les « vers morts » : inconnus au bataillon. Pourtant, elle a travaillé les figures de style. Non « les vers morts », ça ne lui dit rien.
Voyons ce qu’en pensent les copines.
Elle regarde à droite… Christine n’a rien écrit sur sa feuille. Pourtant c’est la championne de la prise de note, Christine. Et à son air perdu, elle non plus ne sait pas ce que sont des vers morts.
A gauche, même blanc sur la feuille et même vide dans le regard.
Des deux côtés, le même hochement de droite à gauche du menton. Personne ne sait ce que sont « des vers morts ».
Relire les vers dont il est question. Interroger les rimes… Questionner le rythme… Rien… Des vers morts…. ?
Alors, n’écoutant que son courage, et elle ose interrompre le cours tranquille. Elle sera celle qui éclairera ses compagnes d’incompréhension !
Elle s’excuse, vraiment, de déranger. Elle est désolée de n’avoir pas réagi assez vite mais… Elle voudrait revenir en arrière. Juste il y a quelques minutes. Au moment où… Et la question est sans doute formulée presqu’ainsi : « c’est quoi des vers morts ? »
Silence attentif dans la salle.
Silence du prof qu’on vient d’interrompre et qui ne comprends pas la question…
Des vers morts ?...
Oui, oui, des vers morts. Et elle de citer ce qui a précédé…
Silence. Encore.
Dans ce silence on se rend compte qu’elle n’est pas la seule à ne pas savoir. En revanche, il faut le reconnaître, elle a été la seule à avoir le courage de lever la main, d’interroger le grand homme, d’avouer son inculture…
Ce silence a été profitable au prof qui a eu le temps de relire, vite, ses propres notes. Aurait-il commis une erreur ?...Non. Son regard s’est éclairé d’une lueur moqueuse.
« Vous m’avez mal entendu Madame, je parlais de Sévère, le personnage principal, qui est cru mort. J’ai donc dit que, dans Sévère mort…. »
Glurps……… Oreille écarlate pour celle qui a posé la question. Tête dans les épaules pour Christine. Ecriture plus appliquée pour celle de droite.
J’en ris encore. Christine ne s’en lasse pas… Oh ! Ça va hein !... J’aurais pu choisir de raconter contumace !! Ah ! Mais!….
Oui, l’inattentive c’était moi. C’était à la faculté d’Amiens. En quelle année ?... Pfff… je ne sais plus.

Mais j’ai bien retenu que ces vers morts ne sont pas une figure de style !
Dis, lecteur, tu te souviens de ta plus grosse honte ?... Tu la raconterais dans les coms ? (Bon, oui, je suis prête à (presque) tout pour vous lire dans mes coms !)
jeudi 26 février 2009
NTL...
Libellés :
Souvenirs
Je termine la correction des questions du brevet blanc…. Tout cela me laisse rêveuse…. J’ai dû allumer la lampe, le temps couvert et gris rend mon bureau trop sombre et je vois mal…
(Qui a dit « C’est l’âge ? »….)
Mais cette lampe allumée a été soudain ma madeleine à moi. Telle celle de Tonton Marcel, elle provoqua un retour en arrière…
Il y a 11 ou 12 ans… Etait-ce la première ou la deuxième année où j’exerçais dans la campagne picarde ? Qu’importe la date ! Je débutais, c’est la seule certitude.
Mes élèves, sans être des foudres de guerre, étaient plutôt agréables, bien qu’un peu lents…
(Oui, lecteurs, je sais pratiquer l’euphémisme quand l’occasion se présente.)
Non contents d’être lents, ils étaient souvent, essentiellement dans la cour, très grossiers.
Or, un jour que nous travaillions sur le vocabulaire, nous abordons la famille du mot « nuit »…
Nocturne… Bien.
Noctambule… Bien !
Nuitée… Bien !!
Nuitamment…Bien !!!.....................................
C’est alors que je leur proposais cette phrase délicieuse : « la chouette est nyctalope ».
Après un court instant de silence stupéfait, un hurlement de rire secoua la classe. Imperturbable, m’obligeant à rester sérieuse, je leur demandais ce que cela pouvait bien vouloir dire.
Si le terme leur était inconnu, en revanche, ses sonorités leur rappelaient quelque chose…
Après éclaircissement, je concluais que certains mots avaient le goût de l’injure, l’odeur de l’injure, la couleur de l'injure... mais que ce n’était pas des injures. Ils riaient en sortant de la classe et moi aussi.
Dans les jours qui suivirent, j’entendis quelques « nyctalope !» fuser dans la cour, et ne m’en préoccupais point.
Oui mais voila…..
Mon chef de l’époque ne possédait que bien peu de finesse et encore moins de vocabulaire. Le mot rare ne l'émouvait pas, et son style était tout, sauf coruscant.
Aussi, peu de temps après me convoqua-t-il dans son bureau.
Il tenait à marquer sa réprobation.
Un professeur de français n’était pas là pour apprendre des mots grossiers aux élèves. Ils en connaissaient suffisamment sans qu’on leur en fournisse d’autres!
Je marquai ma surprise par un silence et un haussement de sourcils.
Puis je lui demandais de quel mot il parlait, affirmant, à juste raison, que je mettais un point d’honneur à conserver en toutes circonstances un niveau de langue plus que correct, voire élevé.
(Connaissait-il seulement la différence, je me pose encore la question !)
Enfin, après un nombre important de « je ne vois pas de quoi vous parlez. » de ma part ; de « ne faites pas l’innocente ! » de la sienne, et devant mon insistance, il osa lâcher dans un souffle le mot coupable:
« nyctalope ! »…
Que c’est difficile de ne pas exploser de rire à la tête d’un balourd….
Il me fallut alors, avec le plus grand sérieux, en cours particulier, dans le bureau du principal et à son profit, refaire la leçon de vocabulaire.
J’ai la certitude que mes élèves d’alors et ce frustre personnage essaient régulièrement de placer ce joli mot de notre langue !
(Qui a dit « C’est l’âge ? »….)
Mais cette lampe allumée a été soudain ma madeleine à moi. Telle celle de Tonton Marcel, elle provoqua un retour en arrière…
Il y a 11 ou 12 ans… Etait-ce la première ou la deuxième année où j’exerçais dans la campagne picarde ? Qu’importe la date ! Je débutais, c’est la seule certitude.
Mes élèves, sans être des foudres de guerre, étaient plutôt agréables, bien qu’un peu lents…
(Oui, lecteurs, je sais pratiquer l’euphémisme quand l’occasion se présente.)
Non contents d’être lents, ils étaient souvent, essentiellement dans la cour, très grossiers.
Or, un jour que nous travaillions sur le vocabulaire, nous abordons la famille du mot « nuit »…
Nocturne… Bien.
Noctambule… Bien !
Nuitée… Bien !!
Nuitamment…Bien !!!.....................................
C’est alors que je leur proposais cette phrase délicieuse : « la chouette est nyctalope ».

Après un court instant de silence stupéfait, un hurlement de rire secoua la classe. Imperturbable, m’obligeant à rester sérieuse, je leur demandais ce que cela pouvait bien vouloir dire.
Si le terme leur était inconnu, en revanche, ses sonorités leur rappelaient quelque chose…
Après éclaircissement, je concluais que certains mots avaient le goût de l’injure, l’odeur de l’injure, la couleur de l'injure... mais que ce n’était pas des injures. Ils riaient en sortant de la classe et moi aussi.
Dans les jours qui suivirent, j’entendis quelques « nyctalope !» fuser dans la cour, et ne m’en préoccupais point.
Oui mais voila…..
Mon chef de l’époque ne possédait que bien peu de finesse et encore moins de vocabulaire. Le mot rare ne l'émouvait pas, et son style était tout, sauf coruscant.
Aussi, peu de temps après me convoqua-t-il dans son bureau.
Il tenait à marquer sa réprobation.
Un professeur de français n’était pas là pour apprendre des mots grossiers aux élèves. Ils en connaissaient suffisamment sans qu’on leur en fournisse d’autres!
Je marquai ma surprise par un silence et un haussement de sourcils.
Puis je lui demandais de quel mot il parlait, affirmant, à juste raison, que je mettais un point d’honneur à conserver en toutes circonstances un niveau de langue plus que correct, voire élevé.
(Connaissait-il seulement la différence, je me pose encore la question !)
Enfin, après un nombre important de « je ne vois pas de quoi vous parlez. » de ma part ; de « ne faites pas l’innocente ! » de la sienne, et devant mon insistance, il osa lâcher dans un souffle le mot coupable:
« nyctalope ! »…
Que c’est difficile de ne pas exploser de rire à la tête d’un balourd….
Il me fallut alors, avec le plus grand sérieux, en cours particulier, dans le bureau du principal et à son profit, refaire la leçon de vocabulaire.
J’ai la certitude que mes élèves d’alors et ce frustre personnage essaient régulièrement de placer ce joli mot de notre langue !

Et vous? Avec quel(s) mot(s) jouez-vous?....
jeudi 19 février 2009
Barbie a 50 ans ...
Libellés :
nostalgie et C°,
Souvenirs

Barbie a 50 ans !
Pour fêter le demi-siècle de la bimbo, un hommage lui a été rendu lors du dernier fashion week-end de New York. Les mannequins défilaient en robe Barbie redimensionnées.Et alors ?
Alors si la Barbie actuelle m’agace, si j’ai un temps lutté pour éviter Barbie à mes filles (mais j’ai fini par céder et c’est une autre histoire) elle reste, sous un autre nom un souvenir très fort dans la vie de la petite fille que j’ai été (mais y a longtemps alors !).
On ne disait pas « Barbie » à l’époque lointaine dont je vous parle, mais « poupée mannequin ». Cette année-là, un modèle faisait grand bruit dans la cour de récréation, et bien peu de mes copines avaient des parents assez riches pour le leur offrir.
Il s’agissait d’une poupée mannequin dont les cheveux, grâce à un astucieux mécanisme situé sur son ventre, s'allongeaient ou rétrécissaient. En fait, une seule et grosse mèche, située sur le sommet du crâne avait cette possibilité. Le reste des cheveux étant, dans mon souvenir, courts et blonds.
Oh ! Comme je l’ai désirée cette poupée ! Je l’avais bien notée sur ma liste au père noêl (mais faisais-je une liste ? A cet âge je ne croyais plus au père noêl non plus !). Et j’avais bien conscience, malgré mon jeune âge, que mes parents n’avaient pas les moyens de me l’offrir.
Pour fêter le demi-siècle de la bimbo, un hommage lui a été rendu lors du dernier fashion week-end de New York. Les mannequins défilaient en robe Barbie redimensionnées.Et alors ?
Alors si la Barbie actuelle m’agace, si j’ai un temps lutté pour éviter Barbie à mes filles (mais j’ai fini par céder et c’est une autre histoire) elle reste, sous un autre nom un souvenir très fort dans la vie de la petite fille que j’ai été (mais y a longtemps alors !).
On ne disait pas « Barbie » à l’époque lointaine dont je vous parle, mais « poupée mannequin ». Cette année-là, un modèle faisait grand bruit dans la cour de récréation, et bien peu de mes copines avaient des parents assez riches pour le leur offrir.
Il s’agissait d’une poupée mannequin dont les cheveux, grâce à un astucieux mécanisme situé sur son ventre, s'allongeaient ou rétrécissaient. En fait, une seule et grosse mèche, située sur le sommet du crâne avait cette possibilité. Le reste des cheveux étant, dans mon souvenir, courts et blonds.
Oh ! Comme je l’ai désirée cette poupée ! Je l’avais bien notée sur ma liste au père noêl (mais faisais-je une liste ? A cet âge je ne croyais plus au père noêl non plus !). Et j’avais bien conscience, malgré mon jeune âge, que mes parents n’avaient pas les moyens de me l’offrir.
A ce moment de mon récit, lecteur, je te conseille de faire provision de mouchoirs jetables.
En effet, cette année-là j’étais malade. Mais vraiment malade. Pas un vulgaire rhume ou une petite gastro sexy, non, non ! MALADE.
Après divers diagnostics émis par différents médecins, un énième fut appelé.
Après divers examens, dont un sanguin, il apporta les résultats à mes parents. Ce n’était pas bien du tout ce que j’avais et il leur annonça que (version courte, hein !) j’étais perdue. L’affreuse révélation eut lieu le 24 décembre.
Mes parents prirent alors cette incroyable décision, sans me le dire bien sûr, de m’offrir la poupée dont je rêvais. Sorte de dernier cadeau avant….
Avant rien du tout ! Car si j’étais effectivement atteinte d’une affection grave, je m’en suis sortie !!! La preuve c’est que cette histoire se déroulait au siècle passé, que j’avais environ 9 ans et que j’en ai…. Autant que ladite Bimbo !
Je garde donc un souvenir ému de ma « poupée mannequin »….
Que les féministes pures et dures ne voient dans ce billet aucun message subliminale: je rejette bel et bien le symbole Barbie de la gentille femme toujours en quête de séduction et ne se servant que de son physique.
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