vendredi 3 avril 2009

Séquence émotion...

Je m'indignais dans un de mes derniers billets de l'indifférence générale pour cette île.
Indifférence sans doute liée à la méconnaissance, d'ailleurs.
Et voici que j'ai trouvé ça:
Quelques très belles photos de l'île mahoraise chère à mon coeur.

Mes photos personnelles du lieu ont été faites à une époque où, si le numérique existait, il n'était pas encore répandu comme aujourd'hui. Je ne possédais pas ce type d'appareil.

Il faudrait (procrastination ancienne déjà) que je numérise toutes mes images perso et que j'en fasse (soyons fous!) un billet... Plusieurs?
Un blog entier ne suffirait sans doute pas à raconter mes émerveillements, et ceux de mes enfants, venus chacun à leur tour, me rejoindre.

Il m'a fallu moins d'une semaine pour tomber amoureuse de Mayotte.
J'aime, dans le désordre, ses paysages divers, ses parfums, sa cuisine, sa faune et sa flore. Et surtout, j'aime les Mahorais. Généreux, rieurs. Si désireux de faire connaître et aimer leur île.

J'ai été fascinée par des araignées (ben oui!) tissant dans les buissons des toiles dorées (vraiment, ce n'est pas de la poésie!).
Je continue, mais pas assez souvent au goût du Héros, à faire du mataba*.
Mais il est m'est devenu impossible, faute de trouver les ingrédients, de faire du romazava**.

Il y a bien longtemps que je n'ai pas brodé un récélé***. Pourtant, Fatima, ma "Foundi**** Récélé" m'en a montré presque toutes les subtilités...

J'ai encore sur les lèvres le goût des mangues que Soidri, grimpé bien haut, nous a jetées et que nous avons placées dans le panier qu'il venait de tresser à cette intention.
Ma dernière fille était là.... Si menue, si fragile à l'époque.

L'émotion reste intacte au souvenir de mon fils et de sa compagne, assis au clair de lune, sous un baobab, à la pointe de Sazilé, attendant que les tortues marines remontent pondre sur la plage.

L'aînée de mes filles y a fêté ses 20 ans. Pour l'occasion, et avec l'aide de quelques experts locaux tels que Jazz ou Maoulida, nous lui avons préparé un voulé sur la plage de Sohoa.

J'y ai fait des rencontres fantastiques.
J'y ai passé des moments inoubliables.

Et mon Héros, comble de chance pour moi, connaît Mayotte aussi. Et l'aime autant que moi.

Il y était 10 ans avant moi.
Le pont de Kwalé, c'est lui qui l'a construit. (Pas tout seul, évidemment.)

Le premier mot que j'ai appris, c'est le nom d'une fleur "anfou"*****. C'était le premier jour, sur la barge et j'en avais un collier autour du cou.
Après, j'ai appris d'autres mots, d'autres phrases... Que j'oublie, petit à petit, faute de pratiquer...

Voila, lecteur.... Tu étais habitué à l'ironie, au rire...
Je te sers aujourd'hui une séquence "souvenirs et émotions".

C'est pas bon de prendre des habitudes!

*mataba: plat à base de feuille de manioc pilées cuites dans du lait de coco; **romazava: plat malgache à base de brèdes mafana (feuilles et fleurs littéralement); ***récélé: broderie dont l'origine est sans doute le point Richelieu (déformation linguistique); ****foundi: ici, maître;*****anfou: jasmin

jeudi 2 avril 2009

Séisme bureautique

Un grand malheur s'est produit hier, lecteur...
Une catastrophe pas naturelle...
Où? Chez moi...
Oui, mais où précisément?....
Dans mon bureau....
Au départ, il faut imaginer qu'entre deux nausées (oui je me la joue sexy et glamour en ce moment. Le premier qui me demande si je suis enceinte, je lui fais bouffer la blogosphère toute entière!) je suis venue dans ce fameux bureau dont je te rebats les oreilles depuis des lustres.

Que venais-je faire dans cette galère?
Regarder si j'avais des mails... (Voila encore une manie que je dois abandonner: tout comme je n'attends pas de sms ou d'appels téléphoniques de qui que ce soit hormis ceux du héros, je reçois bien peu de mails autres que publicitaires ou professionnels.... J'ai pô d'amis...).
Vérifier si on n'aurait pas déposé un commentaire sur le minuscule billet du jour (Parce que c'est bien joli d'avoir 12645 visiteurs à la minute, ou presque, mais si aucun ne laisse de trace de son passage comment je sais, moi, si on m'aime, hein?).
Ouvrir la porte fenêtre qui ne donne pas sur un balcon, afin que l'air frais chasse l'air chargé des miasmes et autres particules viciées qui envahissent ma chambre.

Bref, je faisais donc quelques menus allers-retours entre mon lit, les toilettes et le fauteuil du bureau.
Une nouvelle fois déçue du non contenu trouvé - ou du contenu non trouvé, va savoir! - sur mon écran, je sortais de la minuscule pièce, la démarche mal assurée, quand, au passage de l'isthme étroit (c'est pas un pléonasme ça?) reliant le bureau au couloir, ma hanche heurta délicatement le coin de la table. Un rien, une chiquenaude à peine.

Ce frôlement iliaque déclencha un séisme. Toutes les dernières catastrophes naturelles, de Pompéï à nos jours, ne sont, en regard de ce qui se passa ici, que doux amusements de la planète.
Essaie d'imaginer, lecteur....
D'abord, la disposition des lieux: passé l'isthme, à droite, la table dite "de travail". L 'ordi, les cours, le sérieux, quoi!

A gauche, en parallèle, une longue table dite "atelier". La peinture, le bricolage. Les "bêtises".

Trois mètres de l'isthme à la porte-fenêtre; Deux en largeur. 2 grandes tables, 3 bibliothèques et une multitude de "rangements".
Je suis une archéologue qui s'est trop longtemps ignorée.
Ah! Quelle joie ce doit être que d'analyser la stratification d'un lieu inconnu et de découvrir, sous les couches les plus profondes l'objet qui prouve que l'Humain est passé ici...
Quel bonheur de fouir des heures, des jours - que dis-je! Des semaines! - et contempler enfin l'ustensile qui servit à nos pères à l'aube du monde...
Alors, certes, mon bureau n'est pas la dernière pyramide découverte, et si quelques trésors s'y cachent, point d'or. Ce n'est pas non plus la Sibérie, la chance d'y trouver un squelette de mammouth entier est très restreinte.... Quoi que!....

Mon bureau est, cependant, le lieu d'une stratification qui, parfois, et malgré ce que peut en dire le Héros, relève à la fois du magique et du spontané.

Je m'explique.
Normalement (t'as déjà remarqué que lorsque quelqu'un dit "normalement" ça veut dire "pas trop souvent non plus!!" ou "pas toujours"?) Normalement, donc, je range cet endroit à chaque période de vacances scolaires. Normalement, parce qu'en fait, je range vraiment, et au maximum, trois fois par an. Le vrai, le grand rangement s'effectuant en Juillet, histoire de préparer à la fois les vacances et l'année scolaire à venir, le tout sur des bases saines.

Juste après, le bureau devrait donc être clair et ordonné.
Ben, non, justement!

A peine ai-je fini de classer-trier-ranger-jeter, que déjà, là, sur le coin, un petit tas est apparu.
Oh! Rien! Un semblant de début de commencement de stratification qui, telle une lèpre, va se répandre sur l'ensemble des lieux laissés à découvert par le rangement.

Spontané, parce que le rangement n'est pas toujours totalement achevé quand la lèpre s'installe déjà.
Magique parce que c'est pas moi, je l'jure! qui les ai mis là ces foutus papiers. Ou si c'est moi, c'était machinalement, sans le faire exprès...

Pour parer à ce fléau j'utilise toutes sortes de stratagèmes, ce qui se résume par la multiplication des objets qui devraient faciliter l'ordre: classeur pour les papiers importants; petites boîtes pour les babioles que je ne me décide pas à jeter; grosses boîtes pour les trucs qui me serviront forcément un jour; sacs plastiques pour tout ce qui ne trouve sa place nulle part.

J'ai beau faire, l'envahissement commencé avant la fin de la mise en ordre totale, s'étend jour après jour.

Et c'est ainsi que, sur le coin de la table, juste à l'entrée de l'isthme étroit (c'est pas un pléonasme ça?) conduisant du bureau au couloir et inversement, une pyramide constituée d'une boîte à biscuits devenue boîte à merveilles, d'une pochette vide ayant contenu des photos, d'un certain nombre de mini-catalogue de chez Maty (on ne sait jamais si le héros voulait m'offrir un bijou, faut bien qu'il puisse trouver des idées!), d'une facture, réglée, d'électricité, de quelques fiches-recette récupérées au dos des tablettes de chocolat, d'une trousse quasi vide, mais pas complètement, d'une chemise papier à fenêtre qui a servi d'emballage aux copies du brevet blanc....

Une pyramide instable s'est formée.
Laquelle pyramide a été très délicatement heurtée par ma hanche.

Ce qui a, tu l'auras deviné, lecteur, provoqué la chute, non seulement de la pyramide, mais d'un certain nombre d'autres stratifications qui l'entouraient, par le phénomène dit des dominos, bien connu de chacun....

Un séisme, disais-je au début de ce billet. Une catastrophe d'autant plus catastrophique que cette fois, je n'ai plus le choix.

Aujourd'hui, je range.
Je mettrai des photos de l'après, dès que j'aurai fini.... C'est pas pour tout de suite....

Edit1: Et voila le travail!!! Championne du monde du ranger-trier-jeter-nettoyer.... Pour preuve j'ai mis les photos en vis-à-vis (en tous cas, j'ai essayé!!).
Pas de stratification magique en cours. mais le courrier du jour n'est pas encore parvenu jusqu'à moi!
Edit2: Pour ceux surtout celle, (au singulier, ce n'est pas une erreur!) qui pensent que je pourrais avoir juste rangé et nettoyé des petits coins juste pour la photo....
Non, mais, ça va pas la tête?... Tant qu'à faire de se faire ch* à ranger ce foutu bureau, autant que ça soit LE rangement de l'année! Du siècle peut-être! Même! je te ferais dire!
Et les photos sont toutes là, juste en dessous! Non, mais!


mercredi 1 avril 2009

Beurk....

Deux jours sans billet... la contrainte quotidienne n'est pas facile à tenir.


Mais j'ai des excuses. Pas une, hein, plusieurs!!


La première: je n'avais rien, mais alors rien à raconter.


Je suis un peu malade. Trois fois rien, mais gênant. Du genre qui coupe l'imagination. Et l'envie de s'asseoir devant un écran. Les toilettes, de face*, c'est tellement plus intéressant.


La seule nouvelle que je puisse vous apporter, c'est que Le-Paradis-où-je-travaille s'est transformé hier en Le-Paradis-où-je-travaillais...


Va falloir que j'y retourne pour récupérer mes petites affaires et aussi un de mes tableaux que j'avais accroché dans mon bureau.


Sois pas inquiet, lecteur, ce que j'ai, ça fait pas mourir.


Ce billet, tu le constates, est un peu court, parce que les toilettes font toujours concurrence à l'ordi.


Dès que je vais un rien mieux, je te donne des nouvelles....


*Pour ceux qui suivent pas, je rappelle que je suis une fille et que les filles en général ne regardent pas les toilettes en face. je te fais un dessin ou bien?...